Guy Taréro
Guy a quatorze ans, et cette année, pour son ptit Noël, il trouvera au pied du sapin une grosse boiboite emballée du traditionnel papier à charmants motifs religio-consuméro-hivernaux qu'affectionnent les personnes emballant les cadeaux de Noël de toutes tailles et de toutes sortes...
Enfin, ptet pas les Scouts remarque, vous savez, cette terrible purulence sectaire massée à la sortie des édifices cultuels modernes que sont les grands magasins toutes enseignes confondues et qui, sous l'oeil bienveillant quoique un peu libidineux du frère Machin emballent tant bien que mal ( plus mal que bien ) d'ailleurs vos différents présents en pensant en leur Ford intérieure que quand même, le short façon 1930, c'est pas terrible dans un centre commercial en décembre.
"Schriiaaatchhhhrrrrr", bruisse doucement le papier qu'on déchire ardemment. Grognement ravi du gamin découvrant avec des étoiles dans les yeux ( et une tâche grandissante dans le slibard ) un énorme emballage de jeu vidéo avec lequel il partage phonétiquement son nom ( quel hasard, dites voir, c'est pas croyable un truc pareil... ). Après avoir, pour la forme, ouvert les cadeaux secondaires et trépigné d'impatience pendant la bûche au chocolat trop froide ( chez Guy, on ouvre les cadeaux avant le dessert le soir du 24 ), il se précipite sur la télévision et entreprend, sous l'oeil achement dubitatif de ses parents que s'ils avaient eu leur mot à dire ils lui auraient offert quelque chose d'autre mais bon après tout c'est Noël et pis c'est mieux qu'un flingue même en plastique, il monte de ses doigts aussi boudinés que fébrile un étrange objet en plastique ressemblant vaguement à une batterie, ainsi qu'une guitare et enfourne la galette de plastoque dans le mange disque de sa console comme on met une pizza dans un four ou un déporté de quelque religion que ce soit dans le four suce mentionné ( Findus avait délocalisé son service de production de pizza surgelées précuites à Dachau... J'y suis pour rien, c'est ce que disent tous les gens autour quand on leur demande pourquoi ils n'ont rien dit... ).
Et là, la figure du père est plongée dans un état d'étonnement profond en voyant son fils appuyer sur des boutons en cadence sur le manche de la guitare en plastoque sur "Hotel California" des 'Eagles', grand classique de la fin des années soixante-dix ( je ne l'ai moi-même appris qu'hier, mais c'est pas grave, je peux quand même faire le malin ) sur lequel il a emballé plus d'une minette lors des soirées à frange et Spandex dans les garages de sa jeunesse ( c'était presque les années 80, quoi ! ).
Son fils, son fils qui n'écoutait alors d'une oreille distraite et sur le haut parleur minable de son baladeur la bouillie infâme diffusée à longueur de journée pendant les plages de temps de cerveau occupé précédant celles du temps disponibles si chers aux publicitaires des diverses radio se livrant à une démagogie jeuniste de bon aloi masquant à leur auditoire prépubère que la seule finalité des émissions est de leur faire cracher le maigre pécule fourni par les instances parentales dans différents objets aussi inutiles que mode ( on l'a tous fait ), lui qui ne jurait que par quelques brailleurs d'un rap-français intellectuellement et musicalement indigent, le voici qui s'agite comme un taré sur des classiques aussi indémodables que démodés.
La larme coule sur la joue du père.
ICI deux alternatives s'offrent à notre étude de cas, considérons les avec attention:
A.
"Dis voir, fiston, ça marche comment ton truc là ?" demande le père au fils, lequel lui fait la démonstration... Les voilà donc qui jouent de conserve. Evidemment, le papa galère, et se rend compte que malgré tout ce que promettent les emballages et diverses réclames pour le jeu dont son envahis les média/murs/serviettes de restaurant universitaire ( on fait de la pub où on veut ), c'est quand même pas pareil sur une guitare en plastoque Playskool avec des boutons que sur sa Fender Telecaster édition limitée 1971.
Après quelques minutes à s'échiner au déchiffrage des petits boutons genre capsule de bière défilant sur une grille colorée pendant que derrière quelques polygones savamment agencés shreddent ( du verbe shredder: égrener des notes sur une guitare avec une rapidité atteignant celle des va et vient du lapin myxomatosé en rut à l'intérieur de la tirelire de sa partenaire ) comme des dieux, le père tentant d'ailleurs de déterminer si les personnages virtuels du jeu effectuent les doigtés adéquats... Problème à ce jour non résolu.
Bref, après quelques parties, et la mère du charmant bambin faisant remarquer à grands renforts de raclements de casseroles dans la cuisine qu'il serait bon d'arrêter ce fichu boucan, nan mais sans blague, le père met un terme aux festivités, malgré les grognements du bambin, lequel a loupé son High Score.
Pris d'un doute, le père se précipite dans la remise et va y chercher la vieille Fender de ses jeunes années ainsi qu'un ampli Roland type fin années 70 comme l'indique sa couleur approchant, au choix, celle du carré consumériste tentaculaire ornant les factures d'internet/téléphone/télévision reçues chaque mois, celle des maillots d'une équipe footbalistique batave ou... ben, celle d'une carotte. Ampli dont le mode over-drive donne à vos chansons de death metal l'aspect si champêtre et suranné d'une chanson des Floyd.
Sous le regard dubitatif du fils, il se lance alors dans une interprétation un peu libre, quoique tout à fait convaincante de Stairway to heaven de Led Zeppelin, grand classique dont il pense que la méconnaissance devrait être passible de la peine de mort, de l'émasculation en place publique ou pire, d'une suspension de connexion internet pendant au moins deux jours ( histoire qu'il arrête de télécharger sa musique de merde, bordel ! ).
Ce à quoi le fils répond: "Papa... t'es ringard" ( ici, je vous renvoie à un mémorable épisode de South Park, charmante série enfantine au ton éminemment philosophique dont la fulgurance de la pensée est injustement niée par les chantres de la bien pensance télévisuelle clamant le haro devant la moindre irrévérence, mais regardant d'un oeil bienveillant une bande de post adolescents au QI ne dépassant pas le chiffre de la température anale d'un pingouin tournant en rond sous l'oeil de dizaines de caméras sous prétexte d'en faire des stars ), ou alors sous-estimée par la critique pour une fois bienveillante de Télérama qui, déjà bien généreuse de ne pas descendre en flamme quelque chose n'étant pas un film indépendant intellectuel polonais ( pléonasme ), ne consent pas à reconnaître l'intelligence de l'objet de divertissement, de surcroît américain qu'est ce programme. Bref, allez voir l'épisode de South Park sur le jeu suce-mentionné, vous comprendrez. )
B.
Même début, sauf que quand le père ira chercher son instrument pour le placer, poussiéreux, mais encore droit et fier, sous le nez de son fils, celui-ci regardera son géniteur avec admiration et lui demandera de lui enseigner les arcanes de cet art mystérieux qu'il semble tant maîtriser.
Le bambin abandonnera après quelques semaines, se reportant sur son jeu dans lequel il est plus facile de mener à bien des solos de fous et, peut-être, d'emballer des filles, mais qu'importe, après tout, il aura essayé.
Bon, c'est pas le tout mais c'est l'heure du film, je me tire.
PS: La brève du jour: Dans son éternel souci d'équité sociale, la majorité UMP gouvernant notre beau pays a décidé d'un amendement à un projet de loi visant à permettre aux "particuliers ayant subi des pertes boursières en période de crise" ( il ne s'agit pas d'éjaculateurs précoces ) de voir déduits de leurs impôts une partie du montant desdites pertes. Ah, quelle nouvelle, quel bonheur, quand on sait combien de RMIstes et de femmes de ménages investissent des milliers d'euros à la bourse !
Enfin, ptet pas les Scouts remarque, vous savez, cette terrible purulence sectaire massée à la sortie des édifices cultuels modernes que sont les grands magasins toutes enseignes confondues et qui, sous l'oeil bienveillant quoique un peu libidineux du frère Machin emballent tant bien que mal ( plus mal que bien ) d'ailleurs vos différents présents en pensant en leur Ford intérieure que quand même, le short façon 1930, c'est pas terrible dans un centre commercial en décembre.
"Schriiaaatchhhhrrrrr", bruisse doucement le papier qu'on déchire ardemment. Grognement ravi du gamin découvrant avec des étoiles dans les yeux ( et une tâche grandissante dans le slibard ) un énorme emballage de jeu vidéo avec lequel il partage phonétiquement son nom ( quel hasard, dites voir, c'est pas croyable un truc pareil... ). Après avoir, pour la forme, ouvert les cadeaux secondaires et trépigné d'impatience pendant la bûche au chocolat trop froide ( chez Guy, on ouvre les cadeaux avant le dessert le soir du 24 ), il se précipite sur la télévision et entreprend, sous l'oeil achement dubitatif de ses parents que s'ils avaient eu leur mot à dire ils lui auraient offert quelque chose d'autre mais bon après tout c'est Noël et pis c'est mieux qu'un flingue même en plastique, il monte de ses doigts aussi boudinés que fébrile un étrange objet en plastique ressemblant vaguement à une batterie, ainsi qu'une guitare et enfourne la galette de plastoque dans le mange disque de sa console comme on met une pizza dans un four ou un déporté de quelque religion que ce soit dans le four suce mentionné ( Findus avait délocalisé son service de production de pizza surgelées précuites à Dachau... J'y suis pour rien, c'est ce que disent tous les gens autour quand on leur demande pourquoi ils n'ont rien dit... ).
Et là, la figure du père est plongée dans un état d'étonnement profond en voyant son fils appuyer sur des boutons en cadence sur le manche de la guitare en plastoque sur "Hotel California" des 'Eagles', grand classique de la fin des années soixante-dix ( je ne l'ai moi-même appris qu'hier, mais c'est pas grave, je peux quand même faire le malin ) sur lequel il a emballé plus d'une minette lors des soirées à frange et Spandex dans les garages de sa jeunesse ( c'était presque les années 80, quoi ! ).
Son fils, son fils qui n'écoutait alors d'une oreille distraite et sur le haut parleur minable de son baladeur la bouillie infâme diffusée à longueur de journée pendant les plages de temps de cerveau occupé précédant celles du temps disponibles si chers aux publicitaires des diverses radio se livrant à une démagogie jeuniste de bon aloi masquant à leur auditoire prépubère que la seule finalité des émissions est de leur faire cracher le maigre pécule fourni par les instances parentales dans différents objets aussi inutiles que mode ( on l'a tous fait ), lui qui ne jurait que par quelques brailleurs d'un rap-français intellectuellement et musicalement indigent, le voici qui s'agite comme un taré sur des classiques aussi indémodables que démodés.
La larme coule sur la joue du père.
ICI deux alternatives s'offrent à notre étude de cas, considérons les avec attention:
A.
"Dis voir, fiston, ça marche comment ton truc là ?" demande le père au fils, lequel lui fait la démonstration... Les voilà donc qui jouent de conserve. Evidemment, le papa galère, et se rend compte que malgré tout ce que promettent les emballages et diverses réclames pour le jeu dont son envahis les média/murs/serviettes de restaurant universitaire ( on fait de la pub où on veut ), c'est quand même pas pareil sur une guitare en plastoque Playskool avec des boutons que sur sa Fender Telecaster édition limitée 1971.
Après quelques minutes à s'échiner au déchiffrage des petits boutons genre capsule de bière défilant sur une grille colorée pendant que derrière quelques polygones savamment agencés shreddent ( du verbe shredder: égrener des notes sur une guitare avec une rapidité atteignant celle des va et vient du lapin myxomatosé en rut à l'intérieur de la tirelire de sa partenaire ) comme des dieux, le père tentant d'ailleurs de déterminer si les personnages virtuels du jeu effectuent les doigtés adéquats... Problème à ce jour non résolu.
Bref, après quelques parties, et la mère du charmant bambin faisant remarquer à grands renforts de raclements de casseroles dans la cuisine qu'il serait bon d'arrêter ce fichu boucan, nan mais sans blague, le père met un terme aux festivités, malgré les grognements du bambin, lequel a loupé son High Score.
Pris d'un doute, le père se précipite dans la remise et va y chercher la vieille Fender de ses jeunes années ainsi qu'un ampli Roland type fin années 70 comme l'indique sa couleur approchant, au choix, celle du carré consumériste tentaculaire ornant les factures d'internet/téléphone/télévision reçues chaque mois, celle des maillots d'une équipe footbalistique batave ou... ben, celle d'une carotte. Ampli dont le mode over-drive donne à vos chansons de death metal l'aspect si champêtre et suranné d'une chanson des Floyd.
Sous le regard dubitatif du fils, il se lance alors dans une interprétation un peu libre, quoique tout à fait convaincante de Stairway to heaven de Led Zeppelin, grand classique dont il pense que la méconnaissance devrait être passible de la peine de mort, de l'émasculation en place publique ou pire, d'une suspension de connexion internet pendant au moins deux jours ( histoire qu'il arrête de télécharger sa musique de merde, bordel ! ).
Ce à quoi le fils répond: "Papa... t'es ringard" ( ici, je vous renvoie à un mémorable épisode de South Park, charmante série enfantine au ton éminemment philosophique dont la fulgurance de la pensée est injustement niée par les chantres de la bien pensance télévisuelle clamant le haro devant la moindre irrévérence, mais regardant d'un oeil bienveillant une bande de post adolescents au QI ne dépassant pas le chiffre de la température anale d'un pingouin tournant en rond sous l'oeil de dizaines de caméras sous prétexte d'en faire des stars ), ou alors sous-estimée par la critique pour une fois bienveillante de Télérama qui, déjà bien généreuse de ne pas descendre en flamme quelque chose n'étant pas un film indépendant intellectuel polonais ( pléonasme ), ne consent pas à reconnaître l'intelligence de l'objet de divertissement, de surcroît américain qu'est ce programme. Bref, allez voir l'épisode de South Park sur le jeu suce-mentionné, vous comprendrez. )
B.
Même début, sauf que quand le père ira chercher son instrument pour le placer, poussiéreux, mais encore droit et fier, sous le nez de son fils, celui-ci regardera son géniteur avec admiration et lui demandera de lui enseigner les arcanes de cet art mystérieux qu'il semble tant maîtriser.
Le bambin abandonnera après quelques semaines, se reportant sur son jeu dans lequel il est plus facile de mener à bien des solos de fous et, peut-être, d'emballer des filles, mais qu'importe, après tout, il aura essayé.
Bon, c'est pas le tout mais c'est l'heure du film, je me tire.
PS: La brève du jour: Dans son éternel souci d'équité sociale, la majorité UMP gouvernant notre beau pays a décidé d'un amendement à un projet de loi visant à permettre aux "particuliers ayant subi des pertes boursières en période de crise" ( il ne s'agit pas d'éjaculateurs précoces ) de voir déduits de leurs impôts une partie du montant desdites pertes. Ah, quelle nouvelle, quel bonheur, quand on sait combien de RMIstes et de femmes de ménages investissent des milliers d'euros à la bourse !
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