Crise de Foi
Non, il ne s'agit pas d'une indigestion quelconque... Quoique remarquez.
Je suppose que vous avez remarqué, à moins de vivre reclus dans une grotte au fin fond du Larzac ou de la forêt amazonienne, à quel point, depuis un mois, les médias quels qu'ils soient nous rebattent les oreilles jusqu'à l'indigestion avec les fluctuation des bourses et de la pénurie de liquidités... Laquelle est due à une activé trop erratique des bourses, c'est bien connu...
Enfin bref, comme on nous le dit, c'est la crise, c'est la panique, c'est la déroute, la débandade et, d'un coup, l'ensemble des dirigeants de la planète se réveille et est soudain sujette à cette illumination quasi-biblique:
"Ah ben merde alors, l'économie ne se régule pas toute seule, dis-donc..."
Première nouvelle...
Petit interlude idéologique:
Personnellement, j'ai toujours trouvé ridicule cette idée que le "marché" ( oui, on dit toujours, le "marché", je sais pas pourquoi, mais je suppose que c'est pittoresque, que ça atténue l'ampleur de la chose, ça fait un peu stands de primeurs, poissons, charcuterie et petites vieilles en cabas dans l'air frais du matin sur la grand place du village ) peut se réguler tout seul.
Je ne suis pas spécialiste en économie, loin s'en faut, mais quand même, pour croire qu'une activité économique, à plus forte raison mondialisée, faisant se confronter des milliers, des millions d'intérêts particuliers ( un mec, une entreprise, un pays etc ) puisse fonctionner en bonne intelligence, de façon raisonner et que tout aille mieux dans le meilleur du monde sans que les Etats aient à se sortir les doigts du cul...
Un peu longe, la phrase... Enfin bref, il me semble quand même qu'il faut faire preuve d'une candeur admirable pour croire ça... Pauvre Laurence Parisot, quel choc la situation des marchés doit représenter pour son petit esprit vierge et ingénu !
Alors, évidemment, il est vrai que dans le cas où personne n'intervient, comme dans tout système, c'est plus ou moins la raison du plus fort qu'elle est toujours la meilleure...
Tiens... Ils s'en sont peut-être rendus compte, de ça, nos amis les dirigeants d'entreprises, financiers, industriels etc... Peut-être qu'ils sont pas si naïfs que ça, alors... Cyniques, tout simplement.
Remarquez, qu'ils bossent pour leur pomme ( comme Steve Jobs ), à la limite, c'est humain.
Que l'Etat et ceux qui le représentent les regardent faire sans trop rien dire, c'est autre chose.
Ainsi donc, sauf cas exceptionnel, on laisse les entreprises entreprendre, les consommateurs consommer et les financiers financer, après tout, mieux vaut ne pas trop intervenir parce que
- d'une, c'est quand même achement compliqué, l'économie régulée
- de deux, ça donne des résultats que sur le long terme, et les élections, c'est dans trois ans
- de toute façon, tant que ce n'est que les pauvres qui chougnent, c'est pas grave, ça se voit pas
Alors bon, évidemment, le problème de cette fin d'année 2008 c'est que ceux dont on pensait qu'ils n'ouvriraient pas leur gueule commence à venir nous chialer dans la robe aussi.
Bon, ben on va regarder alors...
Stupéfaction donc, les banques ont paumé des millions dans des placements à risques ( vous savez, normalement "il n'y a pas de placement risqué... que du profit à court terme" ), alors évidemment, elles coulent plus vite que le petit Grégory dans son sac plastique.
Remarquez, à l'ère de la PlayStation et de l'Internet, le retour au jeu des dominos à quelque chose de rafraîchissant...
C'est rigolo, remarquez, à force d'investir à tort et à travers sur de l'argent virtuel, on finit par perdre, et quand on perd, c'est jamais du virtuel...
La vie est mal faite, 'trouvez pas ?
Et donc, comme en réaction à tout cela les bourses plongent plus vite qu'un petit Grégory obèse dans un sac lesté de plomb, partout de par le monde, la plus grande et seule croyance universelle se trouve ébranlée.
"Et si l'argent n'avait plus de valeur ?"
Bonne question, hein ?
Elle n'est pas nouvelle et il suffit d'ouvrir un manuel de socio ou d'anthropologie pour la voir posée.
Cela dit, on y pense pas souvent... Mais imaginez un instant ce qui se passerait si l'on cessait de croire la Banque Centrale Européenne quand elle nous dit que le petit bout de papier que l'on vient de retirer de la machine a une valeur équivalente à, au choix:
environ deux places de ciné,
un DVD simple,
un paquet de céréales, deux briques de lait, un kilo de patates, trois slips et une boite de bouffe pour chat
Cela dit, certains sont plus conscients de ça que d'autres. Les banquiers, par exemple, ils le savent eux, que quand ils te prêtent 100 euros, ils n'ont besoin que d'en avoir environ 9 en réserve... Ca s'explique assez logiquement, par les fluctuations et autres subtilités du système bancaire ( que j'avoue ne pas trop piger ), mais le fait est quand même là, et c'est quand même délirant.
Cela dit, il faut croire que ce n'est pas si grave, que après tout, les pauvres banquiers et dirigeants, c'était pas leur faute, allez... Amnistions-les.
Drôle de monde... On parle d'empêcher les jeunes conducteurs de prendre leur véhicule entre minuit et six heures le week-end pour prévenir l'hypothétique probabilité d'une hypothèse de risque d'accident, mais quelques jeunes chiens fous aux dents longues peuvent jouer aux cons avec des chiffres sur un écran et risquer l'effondrement de l'économie mondiale ( avec tout ce que ça entraîne ), mais bon... Passons l'éponge, ils ne le referont plus, et pour faire bonne mesure, on va dire qu'ils n'auront pas 18 millions de dollars quand on les congédiera gentiment...
Alors comment on rétablit la confiance, pour éviter que tout les "petits épargnants" ( le terme est un peu salaud quand même ) viennent toquer à la porte de leur banque pour récupérer de l'argent qu'elles ne seront pas en mesure de leur donner ( crise ou pas crise... ton argent, il n'existe que parce que tu veux bien y croire et que tout le monde ne vient pas le demander en même temps ) ?
Ouais, garantir le crédit entre les banques, c'est un début... Comme quoi hein, quand il s'agit de sauver les billes de la finance, on se démerde toujours pour trouver des centaines de milliards, sous couvert d'un "investissement profitable à moyen terme"...
Et allouer quelques dizaines de milliards pour éradiquer la faim dans le monde, ce serait pas "profitable à moyen terme" ?
Faire en sorte que quelques jeunes traders en chemise amidonnée puissent arrêter de jouer aux flambeurs avec de l'argent qu'ils n'ont pas, ce serait peut-être pas mal non plus.
Apparemment, pour l'instant, ça n'a pas encore trop fait son chemin dans les têtes... Trop compliqué peut-être... Pas assez électoral ?
Oui, je suis un peu en colère...
Je suppose que vous avez remarqué, à moins de vivre reclus dans une grotte au fin fond du Larzac ou de la forêt amazonienne, à quel point, depuis un mois, les médias quels qu'ils soient nous rebattent les oreilles jusqu'à l'indigestion avec les fluctuation des bourses et de la pénurie de liquidités... Laquelle est due à une activé trop erratique des bourses, c'est bien connu...
Enfin bref, comme on nous le dit, c'est la crise, c'est la panique, c'est la déroute, la débandade et, d'un coup, l'ensemble des dirigeants de la planète se réveille et est soudain sujette à cette illumination quasi-biblique:
"Ah ben merde alors, l'économie ne se régule pas toute seule, dis-donc..."
Première nouvelle...
Petit interlude idéologique:
Personnellement, j'ai toujours trouvé ridicule cette idée que le "marché" ( oui, on dit toujours, le "marché", je sais pas pourquoi, mais je suppose que c'est pittoresque, que ça atténue l'ampleur de la chose, ça fait un peu stands de primeurs, poissons, charcuterie et petites vieilles en cabas dans l'air frais du matin sur la grand place du village ) peut se réguler tout seul.
Je ne suis pas spécialiste en économie, loin s'en faut, mais quand même, pour croire qu'une activité économique, à plus forte raison mondialisée, faisant se confronter des milliers, des millions d'intérêts particuliers ( un mec, une entreprise, un pays etc ) puisse fonctionner en bonne intelligence, de façon raisonner et que tout aille mieux dans le meilleur du monde sans que les Etats aient à se sortir les doigts du cul...
Un peu longe, la phrase... Enfin bref, il me semble quand même qu'il faut faire preuve d'une candeur admirable pour croire ça... Pauvre Laurence Parisot, quel choc la situation des marchés doit représenter pour son petit esprit vierge et ingénu !
Alors, évidemment, il est vrai que dans le cas où personne n'intervient, comme dans tout système, c'est plus ou moins la raison du plus fort qu'elle est toujours la meilleure...
Tiens... Ils s'en sont peut-être rendus compte, de ça, nos amis les dirigeants d'entreprises, financiers, industriels etc... Peut-être qu'ils sont pas si naïfs que ça, alors... Cyniques, tout simplement.
Remarquez, qu'ils bossent pour leur pomme ( comme Steve Jobs ), à la limite, c'est humain.
Que l'Etat et ceux qui le représentent les regardent faire sans trop rien dire, c'est autre chose.
Ainsi donc, sauf cas exceptionnel, on laisse les entreprises entreprendre, les consommateurs consommer et les financiers financer, après tout, mieux vaut ne pas trop intervenir parce que
- d'une, c'est quand même achement compliqué, l'économie régulée
- de deux, ça donne des résultats que sur le long terme, et les élections, c'est dans trois ans
- de toute façon, tant que ce n'est que les pauvres qui chougnent, c'est pas grave, ça se voit pas
Alors bon, évidemment, le problème de cette fin d'année 2008 c'est que ceux dont on pensait qu'ils n'ouvriraient pas leur gueule commence à venir nous chialer dans la robe aussi.
Bon, ben on va regarder alors...
Stupéfaction donc, les banques ont paumé des millions dans des placements à risques ( vous savez, normalement "il n'y a pas de placement risqué... que du profit à court terme" ), alors évidemment, elles coulent plus vite que le petit Grégory dans son sac plastique.
Remarquez, à l'ère de la PlayStation et de l'Internet, le retour au jeu des dominos à quelque chose de rafraîchissant...
C'est rigolo, remarquez, à force d'investir à tort et à travers sur de l'argent virtuel, on finit par perdre, et quand on perd, c'est jamais du virtuel...
La vie est mal faite, 'trouvez pas ?
Et donc, comme en réaction à tout cela les bourses plongent plus vite qu'un petit Grégory obèse dans un sac lesté de plomb, partout de par le monde, la plus grande et seule croyance universelle se trouve ébranlée.
"Et si l'argent n'avait plus de valeur ?"
Bonne question, hein ?
Elle n'est pas nouvelle et il suffit d'ouvrir un manuel de socio ou d'anthropologie pour la voir posée.
Cela dit, on y pense pas souvent... Mais imaginez un instant ce qui se passerait si l'on cessait de croire la Banque Centrale Européenne quand elle nous dit que le petit bout de papier que l'on vient de retirer de la machine a une valeur équivalente à, au choix:
environ deux places de ciné,
un DVD simple,
un paquet de céréales, deux briques de lait, un kilo de patates, trois slips et une boite de bouffe pour chat
Cela dit, certains sont plus conscients de ça que d'autres. Les banquiers, par exemple, ils le savent eux, que quand ils te prêtent 100 euros, ils n'ont besoin que d'en avoir environ 9 en réserve... Ca s'explique assez logiquement, par les fluctuations et autres subtilités du système bancaire ( que j'avoue ne pas trop piger ), mais le fait est quand même là, et c'est quand même délirant.
Cela dit, il faut croire que ce n'est pas si grave, que après tout, les pauvres banquiers et dirigeants, c'était pas leur faute, allez... Amnistions-les.
Drôle de monde... On parle d'empêcher les jeunes conducteurs de prendre leur véhicule entre minuit et six heures le week-end pour prévenir l'hypothétique probabilité d'une hypothèse de risque d'accident, mais quelques jeunes chiens fous aux dents longues peuvent jouer aux cons avec des chiffres sur un écran et risquer l'effondrement de l'économie mondiale ( avec tout ce que ça entraîne ), mais bon... Passons l'éponge, ils ne le referont plus, et pour faire bonne mesure, on va dire qu'ils n'auront pas 18 millions de dollars quand on les congédiera gentiment...
Alors comment on rétablit la confiance, pour éviter que tout les "petits épargnants" ( le terme est un peu salaud quand même ) viennent toquer à la porte de leur banque pour récupérer de l'argent qu'elles ne seront pas en mesure de leur donner ( crise ou pas crise... ton argent, il n'existe que parce que tu veux bien y croire et que tout le monde ne vient pas le demander en même temps ) ?
Ouais, garantir le crédit entre les banques, c'est un début... Comme quoi hein, quand il s'agit de sauver les billes de la finance, on se démerde toujours pour trouver des centaines de milliards, sous couvert d'un "investissement profitable à moyen terme"...
Et allouer quelques dizaines de milliards pour éradiquer la faim dans le monde, ce serait pas "profitable à moyen terme" ?
Faire en sorte que quelques jeunes traders en chemise amidonnée puissent arrêter de jouer aux flambeurs avec de l'argent qu'ils n'ont pas, ce serait peut-être pas mal non plus.
Apparemment, pour l'instant, ça n'a pas encore trop fait son chemin dans les têtes... Trop compliqué peut-être... Pas assez électoral ?
Oui, je suis un peu en colère...
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