Ces grands hommes qui font l'histoire...
Aujourd'hui, si vous le voulez bien (et si vous ne voulez pas, peu me chaut, après tout c'est moi qui porte la culotte ici !), inaugurons une nouvelle rubrique dans nos petites causeries virtuelles...
Une série politico-historiographique consacrée à ces grandes figures historiques qui projettent leur ombre imposante sur les allées parfois défraîchies des jardins de notre Histoire...
Le tout sera entrecoupé d'extraits d'entretiens exclusifs avec les personnes concernées, car chez Useful Idiot, on est pro.
Inaugurons donc ce cycle de conférences (le professeur Burp étant malade, c'est aujourd'hui le Professeur Humphrey Biensucé qui assurera l'intérim) avec l'une des plus charismatiques figures de l'actuel paysage politique français, véritable Apollon des palais à dorures dont la fulgurance de la pensée n'a d'égale que la hauteur de vue de ses analyses politiques et le nombre de casquettes qu'il porte par dessus son catogan légèrement gominé ...
J'ai nommé Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP et député (parachuté) de la 10e circonscription des Hauts de Seine.

On passera rapidement sur le début de carrière de ce fils de médecin, somme toute très ordinaire: Le petit Frédéric Lefebvre (qui, de son propre aveu, ne s'explique pas la présence de ce "b" fort inopportun car muet au milieu du patronyme, si quelqu'un a une idée qu'il me le fasse savoir, je le créditerai en note de bas de page) fait ses classes au RPR à Garches et rencontre, pendant la campagne présidentielle de Chirac en 1981, un certain Nicolas S., lequel a également eu son petit succès en politique depuis, mais dont le nom n'est pas digne de figurer ici.
"C'était le bon temps. On restait à la section de Neuilly jusqu'à pas d'heure, à siroter du mousseux en écoutant Johnny et Enrico Macias. Y'avait Nicolas qui grimpait sur les chaises pour ses discours, et parfois aussi cette grande tarlouze de Juppé qui nous rejoignait en bottes et bombe en sortant de ses cours d'équitation. On était jeunes quoi !"
Jusqu'en 2007, ce sémillant jeune homme évolue dans divers cabinets (ce qui n'a rien avoir avec une alimentation trop riches en fibres) ministériels et parlementaires, apportant le café, les croissants et donnant son avis quand on le lui demande et même quand on ne le lui demande pas.
Finalement, et comme c'est toujours un bon plan de se lier d'amitié avec les petits nerveux à grandes oreilles, surtout quand ceux-ci décrochent un bon job, il est, tel un G.I au dessus des plages de Normandie, parachuté par son copain Nicolas S. au dessus des vertes prairies des Hauts de Seines pour les législatives de 2007 puis, suite à la très démocratique et débattue réorganisation du parti présidentiel en 2008.
"Nico était vachement remonté ce soir là. Ca commençait à faire des vagues, cette histoire de réorganisation... Et Nico, les vagues, depuis tout petit, à la Baule déjà, les vagues ça lui fait peur. "Ce sera Xavier le joufflu qui remplacera Patrick l'Arménien comme président, un point c'est tout... On est pas des socialos nous, on va pas commencer à se battre comme des chiffoniers et de toute façon c'est moi que j'commande ici comme au Palais et en France" qu'il a dit. Et tout le monde a fermé sa gueule..."
C'est à l'occasion de ce remaniement que Frédéric est bombardé (car le parachutage a fait son temps) porte-parole du Parti ce qui, de l'aveu même de sa maman (que nous avons rencontré en exclusivité) "lui convient tout à fait. Tout petit déjà, il aimait bien dire des plaisanteries devant la caméra super-8 de son papa".
Et en effet, c'est bien par cet humour décapant, ce sens de la vanne qui fait mouche et des aphorismes absurdes que Frédéric Lefebvre restera à jamais présent dans nos mémoires.
"Vous comprenez, dans le show-biz maintenant, ce qu'il faut, c'est faire monter le buzz" nous explique-t'il depuis son bureau cossu dans les locaux de l'UMP. Sur l'étagère, derrière lui, à côté du portrait de son ami Nicolas, l'intrégrale en DVD de Jean-Marie Bigard trône comme une coupe de tournoi de foot local au fond d'un bar miteux. "Il faut capter l'intention, faire l'actu sur le net. Et puis les aphorismes, quand on est comique, c'est important, il faut exprimer sa pensée de façon claire et qui rentre, qui tape quoi ! "
Ainsi, on lui doit les désormais célèbres :
"Ceux qui confondent délation et dénonciation, je les invite à regarder le dictionnaire[...]. Si la délation est condamnable, car se faisant au détriment des gens honnêtes, la dénonciation est un devoir républicain prévu dans la loi et permettant de lutter contre les délinquants."
"Je pense que Mme Royal a besoin d'une aide psychologique"
Parfois, Frédéric va encore plus loin dans le Buzz, il va jusqu'à faire passer ses sketches dans les textes à l'Assemblée Nationale.
Ainsi, voilà que, toujours pince-sans-rire, il propose ce lundi de faire travailler "sur la base du volontariat" les salariés en arrêt maladie depuis chez eux en télétravail.
"Là, je suis content de ma blague... Le volontariat, c'est vraiment le noeud du gag. Trouvez moi un patron qui laissera le choix à ses salariés si on lui donne la possibilité... C'est tordant, non ? " il hésite un instant. "Cela dit, c'est con, j'aurai pu aller plus loin et proposer le télétravail du dimanche pour les salariés en arrêt, là on se serait vraiment fendu la gueule... Dommage."
Hélas, l'humour débridé de Frédéric, en ces temps de politiquement trop-correct, ne passe pas. Et bon, s'il s'attendait à ce que ces pisse-froids de socialos viennent lui souffler dans les bronches, il se dit très déçu de la réaction de son propre camp, qui vient de lui signifier qu'il y avait des limites à la déconnade.
"Je suis déçu... Que les chiffoniers du PS hurlent à la lune, c'est attendu. Que Bayrou joue les vierges effarouchés (alors qu'il ya quinze ans, dans nos rallyes du XVIe, c'était pas le dernier, le collectionneur de bourrins) ça me surprend pas. Mais que le gouvernement, et surtout NKM réagissent comme des culs de plomb... tiens, vous saviez que c'est de Nietzsche ça, cul de plomb ? On peut être drôle et cultivé, non ?"
Hélas, les temps sont durs pour les humoristes de qualité... Quelle tristesse.