Ouvre la fenêtre, Chaloufe !
Vous les connaissez sûrement...
Ils hantent les trottoirs des belles avenues de nos villes, qu'ils foulent d'un pas tressautant de la semelle plate de leurs chaussures issues du plus exécrable des revival des années 80...
Ils vous croisent sans vous voir, ou parfois, furtivement, le spécimen féminin ( ou est-il masculin je ne sais parfois ) vous aguiche d'un regard en coin, assez peu habilement dissimulé sous une mèche savamment rejetée vers la droite ( ce détail a son importance ) ou une paire de lunettes très eighties elle aussi...
Et d'ailleurs, quand le passant inaverti s'aventure dans des environnement aussi inquiétant et empli de ces lueurs fantomatiques que projette sur les murs de faux marbre ( comme le disait d'ailleurs un des spécimen interrogés dans le cadre de cette chronique, en serrant contre lui sa planche à roulette: "ah ouais, le marbre de carharrt ?" ) des lycées Napoléoniens dont nos centre-ville sont infestés, il détourne également le regard face à ces troupeaux agglutinés en rond autour des grilles en fer forgés, auxquelles les plus nonchalants s'adossent avec une feinte nonchalance qui ressemble autant à celle de James Dean dans la "Fureur de Vivre" que Nicolas Sarkozy à Napoléon Ier ( et ne nous y trompons pas, Mr Sarkozy, cette trépignante sommité bouffie de médiocrité des Hauts-de-Seine n'a rien en commun avec le Fossoyeur de la Révolution, ni le génie et même pas la taille puisque Bonaparte mesurait 1,67m, soit 2 cm de plus que notre omnicamembert ).
Ainsi, à l'heure de la fin de la journée, et avant que leurs obligations familiale ne les rappellent au sein des immeubles cossus qui leur servent de foyer, ils se rassemblent quelques instant, comparant l'effet décoiffé de leurs coiffures respectives ( "qui c'est qu'a la plus belle raie ?" ), résultats d'heures de préparation aux lueurs aveuglante de néons de salle de bains puis de toilettes de lycées, la taille des gigabites de leurs iPod ou encore le diamètre de leurs pantalons au niveau des mollets...
Car c'est une caractéristique physique essentielle de cette drôle d'espèce que la façon dont elle porte les braies...
Le slim que ça s'appelle ( et à trois lettres près, c'eût été du plus bel effet comique.. ), ou la résurgence d'une mode que l'on croyait heureusement enterrée mais que les fossoyeurs ( non pas de la Révolution cette fois, mais de la Pwofitasyon ) ont il y a quelques années ressortie de leurs sarcophages poussiéreux pour les étaler à grand cris sur les étalages les plus dégoulinant d'inélégance à couleur tapageuse des plus banlieusards de nos H&M.
Voici donc que le jeune d'aujourd'hui porte le pantalon serré des baloches au basket, du berlingot à la ballerine, ce qui, du modeste point de vue de l'anthropologue animalier de bas-étage que je suis, présente différents aspects incompréhensibles:
- A une époque et une période de leur vie où la hantise la plus grande de la gent féminine est de prendre du poids, pourquoi, oh oui, pourquoi aller s'engoncer la bidoche dans des futaux ( un futal, des futaux, on rigole pas avec la grammaire et c'est comme ça ! ) dont la configuration donne à n'importe quelle jolie plante dépassant le 36/38 ( échelle d'oscillation normale de la température anale soit-dit en passant et bien qu'il n'y ait a priori aucun rapport quoique ) se trouve soudain revêtir l'aspect d'une rombière vendéenne engraissée de mojette trop cuite ?
- Et encore, pour les filles, je veux bien... Mais les avez-vous vu, les gringalets à la blondeur écoeurante se promener le long de nos plus belles avenues platanées en arborant ce type de chiffon autour des fuseaux ? Les avez-vous vues, leurs cuisses rachitiques et leur mollets si plat que même le plus affamé des cannibales, que même Guy Carlier, même Maïté, même Jean-Pierre Coffe, Barbe Bleue ou Marc Dutroux se refuserait à y porter la bouche et le reste ?
- Et puis d'abord, comment ils les enfilent ( les pantalons, s'entend, bande de petit pervers polymorphes... ) ? Ca doit prendre des plombes ! Et si le pantalon est mouillé, quel chemin de croix !
*******************
Et s'il n'y avait que la façon de se tenir de cette drôle d'engeance... mais qu'on s'attarde quelque peu à en étudier les borborygmes et la façon de se mouvoir dans l'espace social et la terreur devant cette espèce n'en devient que plus grande encore...
Car chers amis, qu'on se le dise, le Chalouf ( puisque c'est ainsi que l'on dénomme ces individus emmèchés ) fait montre d'une capacité stupéfiante à prendre la jeunesse à rebrousse-poil...
Il est l'antithèse du soixante-huitard, cette espèce dégénérée d'un autre temps qui fait parfois encore preuve de l'outrecuidance de vouloir nous imposer, à nous, ses vues bornées sur les relations sociales et la réforme du capitalisme à travers ces grands corps malades que sont les organisation syndicales.
Au contraire, lui ( appelons le Jean-Eudes ) semble dépossédé de toute velléité de changer le monde. Après tout, il est très bien comme il est, le monde. Jean-Eudes, il fréquente un lycée du centre ville parce que de toute façon ses parents habitent un hôte particulier dans les faubourgs haussmaniens d'une cité de province totalement quelconque et qu'il sait bien que c'est que comme ça que son bac aura de la valeur ( d'ailleurs sont pote Simon, à qui il pardonne son arrivisme parce qu'il porte bien la mèche et la veste blanc pétant à carreaux façon clubber, ne vient pas du quartier mais sait lui aussi comment se faire une place dans la jungle ).
Jean-Eudes est en terminale S, parce que c'est le plus prestigieux, parce qu'avec on peut tout faire et aussi, parce que de toute façon la littérature et la philosophie, ça l'intéresse pas et ça ne sert à rien, et parce que les sciences-éco sont noyautées par une minorité de gauchistes totalement hostiles à la réforme et à la rupture ( enfin ça, c'est pas lui qui le dit, c'est son papa Ghilain, cadre chez Areva et bientôt il l'espère assujeti à l'ISF ).
En plus, Jean-Eudes il sait déjà ce qu'il veut faire... Quand il aura passé son bac, il ira en école de commerce, de toute façon y'en a plein et y'a de la place pour tout le monde. Parce qu'on lui a demandé, à Dji ( comme disent ses potes ) ce qu'il voulait faire, c'est la Conseillère d'orientation qui y a demandé.. Il l'a toisée d'un regard de ses yeux bleus, cette petite connasse en tailleur Monoprix. Il s'en fout... Lui il veut juste avoir un boulot qui rapporte. Il veut pouvoir vivre la grande vie, les grands restaus, les soirées mondaines, le joli loft meublé Chateau d'Ax ( IKEA c'est pour la populace ) dans un bel immeuble, il veut être quelqu'un...
Il veut être successful, et vite.
Pas de temps à perdre à réfléchir ou à jouer au rebelle à la fac, ce repère de glandus, ni dans une prépa HEC... pas la peine, il a ses contacts, il sera pris tout de suite où il veut. Il lit pas, Jean-Eudes... Ca l'emmerde... Quand il ouvre des bouquins, ça lui donne un aperçu de tout ce qu'il ne sait pas, de tout ce qui pourrait ébranler ses certitudes et ça, ça le fait chier. Les livres, il va en voir les adaptations au ciné, ça va plus vite et on peut parler après. Il était euphorique en apprenant qu'un site internet allait bientôt lui proposer de lui faire ses devoirs moyennant finance, ça lui posait pas de problème, tout s'achète et tout se vend, non ? Quand finalement, le site a décidé de fermer, il a déchanté, il allait falloir trouver autre chose... Mais il se démerde, il a le capital social de toute façon.
Et de toute façon, il s'habille déjà comme un grand, comme un jeune cadre dynamique, il projette une image de succès, il sait bien que dans la rue, on le montrera pas du doigt, lui.
Et depuis qu'il se rase son duvet ( car le petit bourgeois, vous l'aurez remarqué, est désespérément et indéfectiblement blond... Le poil doit être l'apanage de la dégénérescence métissée des sous-couches prolétariennes ) et qu'il a fait sa mue, il aime bien quand la caissière du Marché Plus lui dit "Monsieur" quand il va acheter une petite bouteille de Whisky pour ses soirées entre copains.
Et il faut bien se préparer, parce qu'en école après, ce sera open-bar et coke, et ça lui plaît... Il le sait, Jean-Eudes qu'il a raison, que le monde marche comme ça, que certains sont fait pour avoir de l'argent et du prestige, pas les autres. On parle de la crise à la télé, mais lui il s'en fout... il sait que ça le concerne pas, et puis de toute façon, ça l'intéresse pas.
Jean-Eudes est un pur produit des années 2000, un fils de son temps*, un pur produit d'une étrange jeunesse, qui ne se construit plus dans l'opposition aux valeurs d'un monde qu'elle essaie de transformer mais se rue tête baissée dans le carcan confortable d'idéologies de profit immédiat et de réussite à tout prix dont les nouveaux lieux de cultes sont les écoles de commerce, ces drôles de chambres à gaz de la culture érigées en nouveau repère d'une soi-disant élite.
Une jeunesse qui ne s'affirme plus via une opposition politique, mais au contraire porte fièrement sur elle l'étendard de l'apolitisme ( dont elle ne semble pas avoir compris à quel point il s'agit d'une attitude grave dans la théorie et impossible dans la pratique ).
Chez eux, le grand soir est celui de la remise de leurs diplômes de management, celui du premier salaire dépassant les 4000 euros, celui de l'accès quasiment sans restriction à l'existence par la consommation.
Car après tout, qu'importent les doctrines et orientations politiques, si celles-ci permettent de faire de l'argent sans qu'on vienne se faire emmerder ?
Une jeunesse au dents longues, triomphante et sûre d'elle-même... et d'autant plus terrifiante que son idéal soi-disant apolitique se trouve paradoxalement incarné et personnalisé au niveau de la Présidence de la République...
*Et non pas, comme le disait simone Signoret en présentant son mouflet au journalistes en sortant de la maternité, un fils de Montand...
Ils hantent les trottoirs des belles avenues de nos villes, qu'ils foulent d'un pas tressautant de la semelle plate de leurs chaussures issues du plus exécrable des revival des années 80...
Ils vous croisent sans vous voir, ou parfois, furtivement, le spécimen féminin ( ou est-il masculin je ne sais parfois ) vous aguiche d'un regard en coin, assez peu habilement dissimulé sous une mèche savamment rejetée vers la droite ( ce détail a son importance ) ou une paire de lunettes très eighties elle aussi...
Et d'ailleurs, quand le passant inaverti s'aventure dans des environnement aussi inquiétant et empli de ces lueurs fantomatiques que projette sur les murs de faux marbre ( comme le disait d'ailleurs un des spécimen interrogés dans le cadre de cette chronique, en serrant contre lui sa planche à roulette: "ah ouais, le marbre de carharrt ?" ) des lycées Napoléoniens dont nos centre-ville sont infestés, il détourne également le regard face à ces troupeaux agglutinés en rond autour des grilles en fer forgés, auxquelles les plus nonchalants s'adossent avec une feinte nonchalance qui ressemble autant à celle de James Dean dans la "Fureur de Vivre" que Nicolas Sarkozy à Napoléon Ier ( et ne nous y trompons pas, Mr Sarkozy, cette trépignante sommité bouffie de médiocrité des Hauts-de-Seine n'a rien en commun avec le Fossoyeur de la Révolution, ni le génie et même pas la taille puisque Bonaparte mesurait 1,67m, soit 2 cm de plus que notre omnicamembert ).
Ainsi, à l'heure de la fin de la journée, et avant que leurs obligations familiale ne les rappellent au sein des immeubles cossus qui leur servent de foyer, ils se rassemblent quelques instant, comparant l'effet décoiffé de leurs coiffures respectives ( "qui c'est qu'a la plus belle raie ?" ), résultats d'heures de préparation aux lueurs aveuglante de néons de salle de bains puis de toilettes de lycées, la taille des gigabites de leurs iPod ou encore le diamètre de leurs pantalons au niveau des mollets...
Car c'est une caractéristique physique essentielle de cette drôle d'espèce que la façon dont elle porte les braies...
Le slim que ça s'appelle ( et à trois lettres près, c'eût été du plus bel effet comique.. ), ou la résurgence d'une mode que l'on croyait heureusement enterrée mais que les fossoyeurs ( non pas de la Révolution cette fois, mais de la Pwofitasyon ) ont il y a quelques années ressortie de leurs sarcophages poussiéreux pour les étaler à grand cris sur les étalages les plus dégoulinant d'inélégance à couleur tapageuse des plus banlieusards de nos H&M.
Voici donc que le jeune d'aujourd'hui porte le pantalon serré des baloches au basket, du berlingot à la ballerine, ce qui, du modeste point de vue de l'anthropologue animalier de bas-étage que je suis, présente différents aspects incompréhensibles:
- A une époque et une période de leur vie où la hantise la plus grande de la gent féminine est de prendre du poids, pourquoi, oh oui, pourquoi aller s'engoncer la bidoche dans des futaux ( un futal, des futaux, on rigole pas avec la grammaire et c'est comme ça ! ) dont la configuration donne à n'importe quelle jolie plante dépassant le 36/38 ( échelle d'oscillation normale de la température anale soit-dit en passant et bien qu'il n'y ait a priori aucun rapport quoique ) se trouve soudain revêtir l'aspect d'une rombière vendéenne engraissée de mojette trop cuite ?
- Et encore, pour les filles, je veux bien... Mais les avez-vous vu, les gringalets à la blondeur écoeurante se promener le long de nos plus belles avenues platanées en arborant ce type de chiffon autour des fuseaux ? Les avez-vous vues, leurs cuisses rachitiques et leur mollets si plat que même le plus affamé des cannibales, que même Guy Carlier, même Maïté, même Jean-Pierre Coffe, Barbe Bleue ou Marc Dutroux se refuserait à y porter la bouche et le reste ?
- Et puis d'abord, comment ils les enfilent ( les pantalons, s'entend, bande de petit pervers polymorphes... ) ? Ca doit prendre des plombes ! Et si le pantalon est mouillé, quel chemin de croix !
*******************
Et s'il n'y avait que la façon de se tenir de cette drôle d'engeance... mais qu'on s'attarde quelque peu à en étudier les borborygmes et la façon de se mouvoir dans l'espace social et la terreur devant cette espèce n'en devient que plus grande encore...
Car chers amis, qu'on se le dise, le Chalouf ( puisque c'est ainsi que l'on dénomme ces individus emmèchés ) fait montre d'une capacité stupéfiante à prendre la jeunesse à rebrousse-poil...
Il est l'antithèse du soixante-huitard, cette espèce dégénérée d'un autre temps qui fait parfois encore preuve de l'outrecuidance de vouloir nous imposer, à nous, ses vues bornées sur les relations sociales et la réforme du capitalisme à travers ces grands corps malades que sont les organisation syndicales.
Au contraire, lui ( appelons le Jean-Eudes ) semble dépossédé de toute velléité de changer le monde. Après tout, il est très bien comme il est, le monde. Jean-Eudes, il fréquente un lycée du centre ville parce que de toute façon ses parents habitent un hôte particulier dans les faubourgs haussmaniens d'une cité de province totalement quelconque et qu'il sait bien que c'est que comme ça que son bac aura de la valeur ( d'ailleurs sont pote Simon, à qui il pardonne son arrivisme parce qu'il porte bien la mèche et la veste blanc pétant à carreaux façon clubber, ne vient pas du quartier mais sait lui aussi comment se faire une place dans la jungle ).
Jean-Eudes est en terminale S, parce que c'est le plus prestigieux, parce qu'avec on peut tout faire et aussi, parce que de toute façon la littérature et la philosophie, ça l'intéresse pas et ça ne sert à rien, et parce que les sciences-éco sont noyautées par une minorité de gauchistes totalement hostiles à la réforme et à la rupture ( enfin ça, c'est pas lui qui le dit, c'est son papa Ghilain, cadre chez Areva et bientôt il l'espère assujeti à l'ISF ).
En plus, Jean-Eudes il sait déjà ce qu'il veut faire... Quand il aura passé son bac, il ira en école de commerce, de toute façon y'en a plein et y'a de la place pour tout le monde. Parce qu'on lui a demandé, à Dji ( comme disent ses potes ) ce qu'il voulait faire, c'est la Conseillère d'orientation qui y a demandé.. Il l'a toisée d'un regard de ses yeux bleus, cette petite connasse en tailleur Monoprix. Il s'en fout... Lui il veut juste avoir un boulot qui rapporte. Il veut pouvoir vivre la grande vie, les grands restaus, les soirées mondaines, le joli loft meublé Chateau d'Ax ( IKEA c'est pour la populace ) dans un bel immeuble, il veut être quelqu'un...
Il veut être successful, et vite.
Pas de temps à perdre à réfléchir ou à jouer au rebelle à la fac, ce repère de glandus, ni dans une prépa HEC... pas la peine, il a ses contacts, il sera pris tout de suite où il veut. Il lit pas, Jean-Eudes... Ca l'emmerde... Quand il ouvre des bouquins, ça lui donne un aperçu de tout ce qu'il ne sait pas, de tout ce qui pourrait ébranler ses certitudes et ça, ça le fait chier. Les livres, il va en voir les adaptations au ciné, ça va plus vite et on peut parler après. Il était euphorique en apprenant qu'un site internet allait bientôt lui proposer de lui faire ses devoirs moyennant finance, ça lui posait pas de problème, tout s'achète et tout se vend, non ? Quand finalement, le site a décidé de fermer, il a déchanté, il allait falloir trouver autre chose... Mais il se démerde, il a le capital social de toute façon.
Et de toute façon, il s'habille déjà comme un grand, comme un jeune cadre dynamique, il projette une image de succès, il sait bien que dans la rue, on le montrera pas du doigt, lui.
Et depuis qu'il se rase son duvet ( car le petit bourgeois, vous l'aurez remarqué, est désespérément et indéfectiblement blond... Le poil doit être l'apanage de la dégénérescence métissée des sous-couches prolétariennes ) et qu'il a fait sa mue, il aime bien quand la caissière du Marché Plus lui dit "Monsieur" quand il va acheter une petite bouteille de Whisky pour ses soirées entre copains.
Et il faut bien se préparer, parce qu'en école après, ce sera open-bar et coke, et ça lui plaît... Il le sait, Jean-Eudes qu'il a raison, que le monde marche comme ça, que certains sont fait pour avoir de l'argent et du prestige, pas les autres. On parle de la crise à la télé, mais lui il s'en fout... il sait que ça le concerne pas, et puis de toute façon, ça l'intéresse pas.
Jean-Eudes est un pur produit des années 2000, un fils de son temps*, un pur produit d'une étrange jeunesse, qui ne se construit plus dans l'opposition aux valeurs d'un monde qu'elle essaie de transformer mais se rue tête baissée dans le carcan confortable d'idéologies de profit immédiat et de réussite à tout prix dont les nouveaux lieux de cultes sont les écoles de commerce, ces drôles de chambres à gaz de la culture érigées en nouveau repère d'une soi-disant élite.
Une jeunesse qui ne s'affirme plus via une opposition politique, mais au contraire porte fièrement sur elle l'étendard de l'apolitisme ( dont elle ne semble pas avoir compris à quel point il s'agit d'une attitude grave dans la théorie et impossible dans la pratique ).
Chez eux, le grand soir est celui de la remise de leurs diplômes de management, celui du premier salaire dépassant les 4000 euros, celui de l'accès quasiment sans restriction à l'existence par la consommation.
Car après tout, qu'importent les doctrines et orientations politiques, si celles-ci permettent de faire de l'argent sans qu'on vienne se faire emmerder ?
Une jeunesse au dents longues, triomphante et sûre d'elle-même... et d'autant plus terrifiante que son idéal soi-disant apolitique se trouve paradoxalement incarné et personnalisé au niveau de la Présidence de la République...
*Et non pas, comme le disait simone Signoret en présentant son mouflet au journalistes en sortant de la maternité, un fils de Montand...
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