A l'eau, Siné !
Non, encore une fois, le titre est trompeur comme celui d'une comédie américaine traduite en français ( la France, beau pays où pour une raison qui m'échappe, les distributeurs de films pour ados attardés se sentent obligés d'inclure le mot "sexe" dans les traductions des titres: ainsi, "Cruel Intentions" devient "Sexe Intentions", "Wild Things" "Sexcrimes" et "Step Up 2 The Streets" "Sexy Dance..." Etrange... )
Bref, le titre de ce billet est trompeur, car il ne s'agit pas, cher lecteur, de sexe, de gaudriole ou encore de noyer dans la Seine ou autre fleuve un sulfureux caricaturiste, non... Juste une allusion à un site internet qui servira de base à la causerie d'aujourd'hui.
Déception, n'est-ce pas ?
En tous cas, moi, voyez vous, quand je vois un film au cinéma en DVD ou via un support que je tairai ici parce que parait-il que c'pas bien légal et catholique, je ne puis souvent résister à la tentation d'aller sur une page de type allociné pour consulter la fiche du film, les anecdotes de tournages et les critiques... Surtout les critiques, rapportées par bouts sur le site, pas toujours judicieusement d'ailleurs, mais passons.
Pourquoi cette attitude quasi-névrotique me direz-vous...
Suis-je si vil, obséquieux et fantoche que j'éprouve le besoin irrépressible de m'abreuver aux eaux divinisées de chroniqueurs à la légitimité plus grande que la mienne pour pouvoir ensuite exprimer un avis sur un film dans un contexte aussi commun que celui d'un kebab entre amis ?
J'ose espérer que non.
D'une façon plus narcissique, ce serait plus tôt pour chercher à contenter mon Surmoi en masturbant allègrement mon égo en lisant des témoignages allant dans le sens de mon ressenti ( ne pas oublier le mouchoir de rigueur, le fiel ça tache )...
Surtout quand la critique est négative... Là ça plaît, ça caresse, ça grogne de plaisir !
Exemple tiré de l'actualité cinématographique récente, qui fera également office de critique:
Profitant de ce que les grandes Institutions tentaculaires de la diffusion cinématographique de France, prises d'un soudain accès de philanthropie envers le bon peuple frappé par la crise ( et surtout, soucieuses de conserver leurs marges ) avaient abaissé leurs tarifs jusqu'à la bagatelle de 3,90 euros jusqu'au 31 décembre ( précisons que la fin de l'offre fut brutale. Hier, 2 janvier, j'ai du m'acquitter du pris de 7,30 pour voir un film... Ceci étant évidemment le tarif réduit. Le camarade avec moi ayant oublié sa carte d'étudiant lituanienne a du payer 9,70... Mais c'est pas grave, le pauvre naif que je suis allant au ciné dans l'espoir que peut-être, la promo courrait toujours. Et une fois devant le Golmon, l'idée d'une séance pop-corn bien implantée dans le cortex, impossible de reculer... Tu penses ! )...
Je disais quoi, donc ? Oui alors comme c'était pas cher, je suis allé l'autre jour voir "Le Jour où la Terre s'arrêta", remake à la sauce XXIe d'un classique des années 50 que je n'avais pas vu. J'ai donc assisté pendant quasiment deux heures au spectacle assez ennuyeux d'une attaque de petits hommes pas-si-verts sur notre Planète.
Comme de bien entendu, tout ce petit monde débarque d'abord à Manhattan, au milieu de Central Park. A croire que seuls les USA sont représentés sur les GPS des alien. Alors évidemment, le film se voulant actuel, les martiens ne viennent plus nous dézinguer au laser sans raison comme des barbares nazillons, oh que non, tout ceci est tellement suranné, ma bonne dame ! A présent, le terrien de base est aussi primitif et ringard qu'un paysan ouzbek ignorant tout de la bienséance et de la civilisation. Le terrien, ce barbare, dans sa folie consumériste, détruit sa planète et court à sa perte, du coup, la civilisation supérieure radine avec des superbes arches de Noé à la carosserie façon boule de cristal dans lesquelles elle embarque tout le monde, sauf l'homo sapiens qui peut crever avec sa planète le temps qu'on réimplante.
Ajoutez à ceci une héroïne genre femme battante-que-je-suis-scientifique-et-que-j'élève-seule-le-fils-de-mon-ancien-mari-mort-en-Irak-même-que-c'est-pas-facile-et-qu'il-est-noir qui se retrouve au centre de tout ça, une secrétaire à la défense à l'image ( caricaturée ) de l'administration Bush et, surtout, Keanu "je n'ai qu'une expression faciale" Reeves, lequel trimballe sa carcasse et une gueule de dix pieds de long à travers tout le film, avec une indifférence qui pourrait passer pour de la candeur dégagée d'extraterrestre en mission, mais pas trop, et qui finira par tomber d'accord que les humains peuvent être sauvés et vas-y que j'arrête la destruction de la bouboule terrestre et qu'on repartira à zéro dans une lumière de petit matin...
Joli à regarder, mais un peu apathique, chiant et cliché.
Maintenant, petit pot-pourri de critiques piochées sur allociné:
Mad Movies: "un film qui se complaît dans la rentabilité actuellement courante du nivellement par le bas."
Le Monde: "Y a-t-il eu volonté de contourner un sentiment de langueur pourtant persistant que ne balaient guère des péripéties spectaculaires qui tardent à venir et déçoivent lorsqu'elles surviennent ?"
Chronic'art.com: "Au milieu de ce demi-naufrage, Keanu Reeves : nul, génial. (...) Il sauve presque le film, l'aspirant comme un vortex dans la contemplation de ce visage résolument alien où chercher, en vain, un reste naufragé d'humanité dans un océan de spleen et de botox."
Evidemment, le mec un peu sceptique comme moi y retrouve beaucoup de ses impressions, mais, franchement, 'trouvez pas toutes ces formules vachement cuistres, vous ?
Second exemple, vu hier soir, 99F de Ian Kounen, adapté du roman de F. Beigbeder ( personnage symbole de la branchitude la plus petzouille et arrogante que je conchie ardemment, bien que son roman soit assez bon paraît-il... Je projette de le lire incessamment sous peu )
Le film, bien que décousu et un peu fatiguant, a le mérite d'être une réussite visuelle incontestable, car plus que l'adaptation fidèle de l'intrigue du roman, c'est une variation libre sur le thème de l'univers cauchemardesque des milieux de la pub... La narration part un peu dans tous les sens et tourne parfois à l'autoparodie ( comme ce plan ou après la fin du film, un écran propose au spectateur une 2de fin en le priant de laisser son avis en sortant de la salle... Je n'ai su que faire, ayant vu le film dans la chambre... Triste destin...).
Evidemment, on peut ne pas aimer le côté branché, ou reprocher au film de tomber dans le piège de ce qu'il critique, à savoir de remplir la pellicule avec le type même d'images que brocardait le roman en faisant finalement du publicitaire décadent un pourfendeur de la bêtise des industriels...
Bon admettons... Mais quand même:
"Sans doute fallait-il prendre sa plus belle plume, affûter ses arguments, pour fouiller et analyser ce gros tas d'excréments intitulé 99 F" Libé
Et summum du summum, un petit bijou à soi tout seul:
"La matrice Glamorama et son picaresque parano et cocaïnomane ne sont que prétextes à la mise en place de délires gremlins un peu minables, une guirlande de petits boudins de cinéma où s'opposent deux élans irréconciliables : le punk plouc et provincial de Kounen contre le dandysme dadet mi-bobo mi-cadre supérieur de Beigbeder." Chronic'art.
Que les choses soient claires, je ne suis pas du genre à acclamer le premier film d'actions décérébré venu sous prétexte qu'il remplit bien son office de divertissement et qu'il ne déçoit pas les attentes déjà minimales du spectateur lambda... Pour moi, une adaptation de licence à succès torchée à la va vite comme Doom est un navet.
De même, bien que grand amateur de Star Wars, je peux dire sans me renier que Mr Lucas aurait peut-être gagné à engager un dialoguiste pour tourner les épisodes I, II et III, n'ayant pas le même talent pour écrire les dialogues que pour faire réaliser par d'autres ses fantasmes visuels...
Mais quand le premier critique venu, du fond de son bureau chauffé, assis à l'écran de son Machintoche, assaille d'un flot diarrhéique et bouffi de pédanterie mal placée un produit trop grand public pour l'être supérieur qu'il pense être ( à savoir tout film au budget dépassant les bornes des limites du 30 Millions de dollars ) ou dont le caractère branchouille le renvoie justement à ses propres démons ( "99F" ), bref, devant tant de mauvaise foi, je me marre...
Et ils sont payés pour ça, les cons !
Moi je vous divertis gratos... Enfin j'essaie.
Bref, le titre de ce billet est trompeur, car il ne s'agit pas, cher lecteur, de sexe, de gaudriole ou encore de noyer dans la Seine ou autre fleuve un sulfureux caricaturiste, non... Juste une allusion à un site internet qui servira de base à la causerie d'aujourd'hui.
Déception, n'est-ce pas ?
En tous cas, moi, voyez vous, quand je vois un film au cinéma en DVD ou via un support que je tairai ici parce que parait-il que c'pas bien légal et catholique, je ne puis souvent résister à la tentation d'aller sur une page de type allociné pour consulter la fiche du film, les anecdotes de tournages et les critiques... Surtout les critiques, rapportées par bouts sur le site, pas toujours judicieusement d'ailleurs, mais passons.
Pourquoi cette attitude quasi-névrotique me direz-vous...
Suis-je si vil, obséquieux et fantoche que j'éprouve le besoin irrépressible de m'abreuver aux eaux divinisées de chroniqueurs à la légitimité plus grande que la mienne pour pouvoir ensuite exprimer un avis sur un film dans un contexte aussi commun que celui d'un kebab entre amis ?
J'ose espérer que non.
D'une façon plus narcissique, ce serait plus tôt pour chercher à contenter mon Surmoi en masturbant allègrement mon égo en lisant des témoignages allant dans le sens de mon ressenti ( ne pas oublier le mouchoir de rigueur, le fiel ça tache )...
Surtout quand la critique est négative... Là ça plaît, ça caresse, ça grogne de plaisir !
Exemple tiré de l'actualité cinématographique récente, qui fera également office de critique:
Profitant de ce que les grandes Institutions tentaculaires de la diffusion cinématographique de France, prises d'un soudain accès de philanthropie envers le bon peuple frappé par la crise ( et surtout, soucieuses de conserver leurs marges ) avaient abaissé leurs tarifs jusqu'à la bagatelle de 3,90 euros jusqu'au 31 décembre ( précisons que la fin de l'offre fut brutale. Hier, 2 janvier, j'ai du m'acquitter du pris de 7,30 pour voir un film... Ceci étant évidemment le tarif réduit. Le camarade avec moi ayant oublié sa carte d'étudiant lituanienne a du payer 9,70... Mais c'est pas grave, le pauvre naif que je suis allant au ciné dans l'espoir que peut-être, la promo courrait toujours. Et une fois devant le Golmon, l'idée d'une séance pop-corn bien implantée dans le cortex, impossible de reculer... Tu penses ! )...
Je disais quoi, donc ? Oui alors comme c'était pas cher, je suis allé l'autre jour voir "Le Jour où la Terre s'arrêta", remake à la sauce XXIe d'un classique des années 50 que je n'avais pas vu. J'ai donc assisté pendant quasiment deux heures au spectacle assez ennuyeux d'une attaque de petits hommes pas-si-verts sur notre Planète.
Comme de bien entendu, tout ce petit monde débarque d'abord à Manhattan, au milieu de Central Park. A croire que seuls les USA sont représentés sur les GPS des alien. Alors évidemment, le film se voulant actuel, les martiens ne viennent plus nous dézinguer au laser sans raison comme des barbares nazillons, oh que non, tout ceci est tellement suranné, ma bonne dame ! A présent, le terrien de base est aussi primitif et ringard qu'un paysan ouzbek ignorant tout de la bienséance et de la civilisation. Le terrien, ce barbare, dans sa folie consumériste, détruit sa planète et court à sa perte, du coup, la civilisation supérieure radine avec des superbes arches de Noé à la carosserie façon boule de cristal dans lesquelles elle embarque tout le monde, sauf l'homo sapiens qui peut crever avec sa planète le temps qu'on réimplante.
Ajoutez à ceci une héroïne genre femme battante-que-je-suis-scientifique-et-que-j'élève-seule-le-fils-de-mon-ancien-mari-mort-en-Irak-même-que-c'est-pas-facile-et-qu'il-est-noir qui se retrouve au centre de tout ça, une secrétaire à la défense à l'image ( caricaturée ) de l'administration Bush et, surtout, Keanu "je n'ai qu'une expression faciale" Reeves, lequel trimballe sa carcasse et une gueule de dix pieds de long à travers tout le film, avec une indifférence qui pourrait passer pour de la candeur dégagée d'extraterrestre en mission, mais pas trop, et qui finira par tomber d'accord que les humains peuvent être sauvés et vas-y que j'arrête la destruction de la bouboule terrestre et qu'on repartira à zéro dans une lumière de petit matin...
Joli à regarder, mais un peu apathique, chiant et cliché.
Maintenant, petit pot-pourri de critiques piochées sur allociné:
Mad Movies: "un film qui se complaît dans la rentabilité actuellement courante du nivellement par le bas."
Le Monde: "Y a-t-il eu volonté de contourner un sentiment de langueur pourtant persistant que ne balaient guère des péripéties spectaculaires qui tardent à venir et déçoivent lorsqu'elles surviennent ?"
Chronic'art.com: "Au milieu de ce demi-naufrage, Keanu Reeves : nul, génial. (...) Il sauve presque le film, l'aspirant comme un vortex dans la contemplation de ce visage résolument alien où chercher, en vain, un reste naufragé d'humanité dans un océan de spleen et de botox."
Evidemment, le mec un peu sceptique comme moi y retrouve beaucoup de ses impressions, mais, franchement, 'trouvez pas toutes ces formules vachement cuistres, vous ?
Second exemple, vu hier soir, 99F de Ian Kounen, adapté du roman de F. Beigbeder ( personnage symbole de la branchitude la plus petzouille et arrogante que je conchie ardemment, bien que son roman soit assez bon paraît-il... Je projette de le lire incessamment sous peu )
Le film, bien que décousu et un peu fatiguant, a le mérite d'être une réussite visuelle incontestable, car plus que l'adaptation fidèle de l'intrigue du roman, c'est une variation libre sur le thème de l'univers cauchemardesque des milieux de la pub... La narration part un peu dans tous les sens et tourne parfois à l'autoparodie ( comme ce plan ou après la fin du film, un écran propose au spectateur une 2de fin en le priant de laisser son avis en sortant de la salle... Je n'ai su que faire, ayant vu le film dans la chambre... Triste destin...).
Evidemment, on peut ne pas aimer le côté branché, ou reprocher au film de tomber dans le piège de ce qu'il critique, à savoir de remplir la pellicule avec le type même d'images que brocardait le roman en faisant finalement du publicitaire décadent un pourfendeur de la bêtise des industriels...
Bon admettons... Mais quand même:
"Sans doute fallait-il prendre sa plus belle plume, affûter ses arguments, pour fouiller et analyser ce gros tas d'excréments intitulé 99 F" Libé
Et summum du summum, un petit bijou à soi tout seul:
"La matrice Glamorama et son picaresque parano et cocaïnomane ne sont que prétextes à la mise en place de délires gremlins un peu minables, une guirlande de petits boudins de cinéma où s'opposent deux élans irréconciliables : le punk plouc et provincial de Kounen contre le dandysme dadet mi-bobo mi-cadre supérieur de Beigbeder." Chronic'art.
Que les choses soient claires, je ne suis pas du genre à acclamer le premier film d'actions décérébré venu sous prétexte qu'il remplit bien son office de divertissement et qu'il ne déçoit pas les attentes déjà minimales du spectateur lambda... Pour moi, une adaptation de licence à succès torchée à la va vite comme Doom est un navet.
De même, bien que grand amateur de Star Wars, je peux dire sans me renier que Mr Lucas aurait peut-être gagné à engager un dialoguiste pour tourner les épisodes I, II et III, n'ayant pas le même talent pour écrire les dialogues que pour faire réaliser par d'autres ses fantasmes visuels...
Mais quand le premier critique venu, du fond de son bureau chauffé, assis à l'écran de son Machintoche, assaille d'un flot diarrhéique et bouffi de pédanterie mal placée un produit trop grand public pour l'être supérieur qu'il pense être ( à savoir tout film au budget dépassant les bornes des limites du 30 Millions de dollars ) ou dont le caractère branchouille le renvoie justement à ses propres démons ( "99F" ), bref, devant tant de mauvaise foi, je me marre...
Et ils sont payés pour ça, les cons !
Moi je vous divertis gratos... Enfin j'essaie.
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