La crise de la vingtaine...

Publié le par Pierrou

Hier, samedi 8 Mars 2008, gare de Rennes. Il est 17h40 à peu près, et alors qu'un joyeux cortège de manifestants traverse la galerie marchande de la gare pour protester contre le sort réservé aux sans papiers dans notre beau pays ( on pourra en reparler plus tard , il y aurait des choses à dire... ), assis à une table de café avec un ami,  nous contemplons l'abîme qui s'ouvre à nos pieds à cette période de notre vie.

Bon, parce que je sais pas vous, mais moi ( et mon ami Florian également - Florian est brun, porte fièrement la barbe et transporte sa classe avec lui de façon inconditionnelle et discrète, comme le harder son tube de vaseline - ) je trouve qu'on nous bourre quand même grandement le mou avec la crise de la trentaine ( si vous avez un doute, allez vous louer un Klapisch au distributeur d'en bas - à côté de la boulangerie devant laquelle stationne le vendeur d'huîtres parce que c'est dimanche ), seulement, il se pourait qu'il y ait une forme de crise de la vingtaine aussi... En tout cas, moi, je la ressens un peu, et je pense que je ne suis pas tout seul.

Attention, quand je parle de crise, je veux parler d'une forme de perte de repères, de confusion, ce qui n'est pas forcément négatif. Seulement...
Attends, que je reprenne depuis le début, je m'égare là...

Il faut d'abord dire qu'hier, je suis allé rendre visite à un ami de longue date, qui habite cette année avec sa dulcinée en bordure de Rennes... Ca m'a foutu un coup, dis donc...
Déjà parce que découvrir de façon concrète l'endroit où des gens que l'on connaît depuis longtemps ( l'une depuis  presque dix ans ) vivent en concubinage ( et dans le péché ) est étrange... On se dit: " ça y est, là ils sont vraiment adultes" ( je crois quand même que le joli caddie à roulette de Madame que-c'est-plus-facile-de-ramener-les-courses-avec, ç'a été le coup de grâce là... ), et puis là on se tourne vers soi-même et...

Ben on se rappelle que ça, la vie en couple, cette situation, ça nous pend sérieusement au nez... genre dès septembre 2008 ( la formule est un peu exagérée, j'ai qu'une hâte, c'est que ça arrive en fait... ), et ça fait sacrément bizarre. Parce que quand on a dix ans et que son grand frère de 23 ans et quelques vit avec sa copine, on est à mille lieux de penser que ça nous arrivera un jour.

Alors déjà il y a ça... Et puis aussi quand quelqu'un nous dit" Ah oui, alors l'an prochain, vous aurez bac+4 alors..."  là on sent son estomac se serrer.... Putain, déjà ?

Alors voilà... Je me dis qu'à vingt ans, on se trouve un peu pris entre deux feux. L'adulescence en quelque sorte, cette période où on se rend compte que l'âge adulte arrive à grands pas, et où l'on navigue entre attirance ( "Maman, j'ai plus quinze ans, je suis capable de gérer ma vie seul..." ) et répulsion ( "Ah non, on va pas faire un dîner avec deux couples ! On a pas trente piges !" ).

Et on se dit que, dans les quelques années qui nous restent avant de devoir aller chercher les gamins à l'école en sortant du travail, on va en profiter.
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B
Il faut savoir rentrer dans le moule et fermer sa gueule. Sinon, à quoi cela sert-il, d'être un jeune socialiste ?
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